Des cosmétiques sains et sans polluants pour mon bébé

Eleni Gravière est chimiste santé et environnement. Elle a créé Terre de Parents dans le but de sensibiliser les futurs et jeunes parents à la question de la Santé Environnementale. Terre de Parents propose des ateliers, des conférences, et des formations destinées aux professionnels de la périnatalité et de la petite enfance.

Son blog, Un intérieur sain pour nos enfants, regorge de conseils pour les parents qui souhaitent éliminer les polluants et autres perturbateurs dans toutes les pièces de la maison, de la cuisine à la chambre de bébé, en passant par la salle de bain. Elle nous parle aujourd’hui de la question épineuse des cosmétiques pour bébé.

 

La peau des bébés nécessite une attention particulière lors du soin et dans le choix des produits d’hygiène et cosmétiques utilisés. Les professionnels de la petite enfance peuvent être amenés à s’occuper de nourrissons d’à peine quelques semaines. Connaître les spécificités de l’enfant et les produits et ingrédients à éviter permet d’orienter ses choix et pratiques vers des cosmétiques sains et de bonnes habitudes d’hygiène.

Une peau de bébé… qui mérite une attention particulière !

De par son immaturité, le bébé est particulièrement sensible aux substances toxiques, comme les perturbateurs endocriniens et les allergènes. Une des portes d’entrée dans l’organisme de ces molécules est la peau. Contrairement à ce qu’on croit souvent, elle n’est pas totalement perméable et peut donc laisser passer certains ingrédients des produits cosmétiques. Ce phénomène est particulièrement probable si la peau est irritée, ce qui est souvent le cas chez l’enfant, sur la zone du siège ou le pourtour de la bouche, par exemple.

En effet, la peau du petit est soumise à rude épreuve. Après la naissance, elle doit se faire aux frottements des vêtements, au contact de l’air tantôt froid ou chaud, à l’eau du bain, ou encore, à tous les produits cosmétiques appliqués plusieurs fois par jour. Le siège mérite une attention particulière. Plus que toute autre zone du corps, il est souvent irrité et peut se retrouver à vif. Le contact avec les urines, les selles, la couche et les 5 à 8 changes quotidiens participent à rendre la peau sensible.

En France, nous avons pris l’habitude d’utiliser au quotidien environ 5 produits cosmétiques différents pour un bébé : savon, crème hydratante, lingette, liniment et crème pour le change. A ces grands classiques, s’ajoutent parfois un shampoing, une eau nettoyante, une huile de massage voire même une « eau de toilette » ou une crème solaire. Tous ces cosmétiques, en plus d’être susceptibles de contenir des ingrédients controversés, sont bien trop nombreux. Nos bébés sont « décapés » et « parfumés » bien plus que nécessaire !

Des ingrédients à éviter

Face à la multitude de produits et marques différentes disponibles sur le marché, il peut sembler difficile de faire le tri. Même si les cosmétiques sont soumis à une réglementation stricte et subissent tous des tests d’innocuité, nous faisons face à la présence d’ingrédients controversés dans les produits à destination des nourrissons et des enfants.

Parmi ces ingrédients, nous trouvons ceux issus de la pétrochimie : en plus d’être polluants pour la planète, ils peuvent être contaminés par des substances indésirables susceptibles de traverser la barrière cutanée. Pour être certain de ne pas les retrouver dans nos cosmétiques, il suffit de privilégier les labels biologiques COSMOS ou NATURE ET PROGRES, ou la charte COSMEBIO. Avec ces certifications, seuls quelques conservateurs issus de la synthèse pétrochimique sont autorisés : les autres ingrédients sont tous issus de la nature.

Ces labels interdisent aussi l’incorporation des ingrédients les plus décriés comme le phénoxyethanol, les parabènes, la méthylisothiazolinone, le sodium laureth sulfate… ou encore les PEG, polluants à produire et lorsqu’ils se retrouvent dans les eaux usées, et dont l’innocuité est controversée.

Toutefois, les cosmétiques biologiques peuvent, comme tout produit, être responsables de réactions allergiques : le plus important reste d’être bien attentif à la réaction de bébé. Un produit qui convient à l’un, peut ne pas convenir à l’autre !

Limiter le nombre de produits

Le meilleur comportement à avoir face aux produits d’hygiène et aux cosmétiques pour bébés, est de limiter au maximum le nombre de produits utilisés dans le quotidien. Cela demande parfois de changer un peu ses habitudes et son organisation :

Choisir un savon unique pour nettoyer bébé de la tête aux pieds

Un seul produit suffit à laver le corps, la tête et les mains de bébé : un savon surgras biologique, sans huile essentielle ni parfum. De très nombreuses marques proposent des pains de savon de ce type, sous les labels NATURE ET PROGRES ou COSMOS. Si le savon solide vous déplait, quelques versions liquides existent.

Pour le change : de l’eau ou du liniment

Un gant de toilette et de l’eau tiède suffisent à nettoyer le siège de bébé en attendant le bain ou un lavage plus complet une fois par jour. Le liniment est aussi une solution simple et écologique, à condition de choisir un produit du commerce avec peu d’ingrédients – entre 3 ou 5 c’est bien, au-delà fuyez ! Vous pouvez aussi préparer votre liniment vous-même très facilement.

Une huile ou un beurre végétal à garder sous le coude

Les petites irritations autour de la bouche, la peau sèche en hiver ou en été… peuvent nécessiter d’intervenir. Dans ce cas, une huile ou un beurre végétal biologiques sont les plus efficaces. Selon vos goûts, vous pouvez vous orienter vers de l’huile de coco ou du beurre de karité.

Des produits « occasionnels »

Pour les promenades et visites en extérieur, il est parfois difficile de se passer de lingettes. Dans ce cas, privilégiez encore une fois les labels biologiques et les listes d’ingrédients les plus courtes. Enfin, en cas d’érythème fessier, vous pouvez utiliser une crème à l’oxyde de zinc ou de l’argile blanche dès le début des rougeurs. Plus vous interviendrez rapidement, moins la peau sera abîmée. Ces produits ne sont à utiliser que pour quelques applications, et pas en prévention d’un érythème au quotidien. Si un érythème perdure ou réapparaît régulièrement, il faudra se questionner sur les couches utilisées ou la lessive si vous utilisez des couches lavables ou encore, les produits pour le bain et le change.

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