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Portrait d’une nounou écolo : Audrey Haener

Audrey peux-tu te présenter?

Je suis Audrey Haener et j’ai 30 ans. Passionnée pas le domaine de la petite enfance depuis l’âge de 15 ans, j’ai mis du temps à imaginer en faire mon métier, alors que j’étais en classe de 3ème « Insertion » (ndlr : classe spécifique pour guider les élèves vers des études professionnelles ou dans la vie active) et que j’ai fait tous mes stages en alternance dans des écoles maternelles.

Les professeurs n’étaient pas d’accord pour que je fasse une filière professionnelle, pensant que j’avais le niveau pour faire un Bac général. Beaucoup ne croyaient pas en moi, aujourd’hui j’aimerais les revoir et leur dire «regardez-moi! »

Ensuite j’ai obtenu mon BEP Carrières Sanitaires et Sociales puis mon Bac Sciences et Technologie de la Santé et du Social (ST2S), qui fut une catastrophe !

A partir de là j’ai décroché mon premier contrat en tant qu’auxiliaire parentale (garde d’enfant au domicile des parents), qui n’était pour moi qu’un métier de passage. Mais la passion pour ce métier est née et voilà 11 années que je l’exerce.

J’ai pu valider ma VAE (Validation d’Acquis d’Expérience) et obtenir mon CAP Petite Enfance haut la main ; puis me former à la pédagogie Montessori, que je mets en pratique de mon mieux au domicile des familles.

Je suis à présent engagée dans la valorisation et la professionnalisation du métier d’auxiliaire parentale grâce à mon engagement auprès de l’Association Gribouilli, où j’anime des ateliers de sensibilisation aux violences éducatives ordinaires (VEO) et aussi des ateliers pédagogiques.

Je suis aussi adhérente de l’association Stop VEO.

Comment as-tu connu Les Nounous Écolos® ?

Lors d’un atelier découverte au sein de Gribouilli.

Peux-tu nous en dire plus sur ton engagement dans l’association Gribouilli ?

Je me suis toujours sentie très professionnelle et aujourd’hui je peux partager mes pratiques, connaissances et compétences avec d’autres auxiliaires parentales au sein de Gribouilli.

Je suis devenue ambassadrice et responsable du pôle pédagogique de l’association. J’anime des ateliers avec mon équipe pédagogique tout les 3ème samedi du mois afin d’aider les Gribouilleuses à avoir un projet pédagogique au domicile des familles.

Je travaille aussi sur le pôle de sensibilisation aux violences éducatives afin de sensibiliser les auxiliaires parentales et les parents aux violences verbales, physique et psychologiques.

Qu’est ce que la formation Les Nounous Écolos® t’a apporté au niveau professionnel et au niveau personnel ?

Au niveau personnel j’ai commencé un cheminement vers une vie plus saine bien avant la découverte de la formation des Nounous Écolos®, à la suite de soucis de santé en lien avec les fameux perturbateurs endocriniens… La formation m’a permis de me motiver davantage dans cette démarche et en plus de sensibiliser mon conjoint.

Je me rappellerais toujours cette journée de formation où l’on a abordé le thème de l’alimentation et les contenants sains et plus particulièrement les ustensiles de cuisines. En rentrant à la maison, après en avoir parlé à mon conjoint, mon tiroir à couverts s’est retrouvé vide et aéré, il ne restait que les couverts en inox !

Il y a des moments où c’est encore difficile et je prends ce qui ne faut pas. Peut-être que le jour où je serais maman le déclic sera plus fort?

Au niveau professionnel, je transmets ce que je sais sans imposer. J’étais déjà aux couches lavables avant la formation, les produits sains pour la petite fille que je garde ainsi que, l’utilisation du vinaigre blanc. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. Je trouve que c’est difficile d’aborder le sujet en fonction des métiers exercés par les familles.

Peux-tu nous raconter des changements que tu as mis en place dans ton travail ?

Au travail, je suis de plus en plus portée vers des activités extérieures pour un contact avec le peu de nature que nous avons à Paris. Mais ça reste compliqué de mettre en place certaines choses, comme pour les jouets plus naturels par exemple, réduire la présence du plastique ou des lingettes.

As-tu parlé de la formation à tes employeurs ? Quelle a été leur réaction ?

Oui, j’en ai parlé. Les réactions étaient assez positives mais la motivation peut-être insuffisante pour passer à l’action. En revanche, mes anciens employeurs étaient sous le charme, étant déjà dans une démarche écologique.

Quel message souhaites-tu passer aux pros de la petite enfance ?

Je pense qu’il faut réfléchir à cette vie plus saine pour les enfants et adultes de demain. Aussi bien pour nous les professionnelles, qui passons une bonne partie de notre carrière à utiliser des produits souvent nocifs pour notre santé, que pour les enfants gardés à leur domicile, chez une assistante maternelle ou dans une structure d’accueil collectif. S’intéresser de plus près à la démarche d’Itawa n’est qu’un plus pour tous.

Que dirais-tu pour convaincre les parents de former leur nounou ?

Encore une fois je trouve que c’est le plus difficile. Sauf s’ils sont déjà dans cette démarche écologique alors là, c’est très simple. Je donnerais des exemples de choses apprises et je dirais qu’il faut faire former leur auxiliaire parentale pour en savoir davantage.

Autant j’arrive à faire passer de plus en plus de messages avec ma pratique respectueuse des enfants dans ma posture, autant l’écologie j’ai encore du mal. Mais il faut le faire quand même!

Tu es devenue membre du Club des Nounous Écolos®, qu’attends-tu de ce réseau de professionnelles formées en Santé Environnementale ?

Le partage des pratiques, des articles sur l’environnement. Il y avait un fort partage sur le groupe whatsapp des Nounous Écolos® de liens d’articles sur des faits environnementaux, des recettes, des sites pour acheter des gourdes en inox…C’était super et j’adore cette démarche de partages.

Si tu devais donner 3 conseils super importants aux parents pour créer un environnement sain?

  • Faire une chambre simple, minimaliste, avec des produits sains (peintures, sol…). Penser à bien aérer son espace de jeux et sa chambre bien avant son arrivée.
  • Préparer des repas avec 0 pesticide! Faire ses petits pots soit-même.
  • Et pas de produits parfumés pour les enfants.

Une dernière question, comment tu imagines l’environnement idéal de demain pour accueillir les bébés et les jeunes enfants ?

Ah ah ah! Un lieu vert, boisé où je laisserais les enfants libres de leur créativité. Une petite ferme avec le poulailler et le potager.

Où régnerait l’empathie et le respect. J’apprendrais d’eux, ils seront mes guides.

Un «nido» (environnement préparé pour les touts-petits dans la pédagogie Montessori) avec du matériel éco-responsable où la nature aura sa place. Pas de jouets en plastique, des couches lavables. Un lieu de la liberté pour eux.

Mais aussi des produits locaux et bio en partenariat avec des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) du secteur, ou des artisans locaux et surtout un potager, et les œufs du poulailler, miam!

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